À Cadalen, Lauriane et François-Xavier cultivent une belle diversité de fruits, légumes et fleurs en agriculture biologique. Sur leur ferme à taille humaine, ils combinent irrigation localisée, récupération des eaux hivernales et agroforesterie.
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Sur leur ferme Salade tomate oignon, Lauriane et François-Xavier défendent un maraîchage vivant, local et sobre en eau. Leurs cultures s’appuient sur des gestes précis : goutte-à-goutte piloté par sonde, paillage pour garder l’humidité des sols, retenue de 575 m³ alimentée par les eaux de pluie et plantation d’arbres pour apporter de l’ombre. Une manière concrète de produire fruits, légumes et fleurs tout l’été, sans perdre de vue l’essentiel : préserver l’eau, les sols et la biodiversité.
Le département du Tarn se situe à la jonction de trois grands ensembles géologiques : le Massif central, le Bassin aquitain et les Pyrénées. Cet héritage géologique fait du Tarn un département aux paysages richement diversifiés et contrastés. Schiste, granit, roches calcaires et molasses (mélanges d’argiles, de sable et de grès) composent cette mosaïque de sols.
Cadalen, dont la géologie a permis le creusement de nombreux cours d’eau et ruisseaux, est marquée par des mélanges de boulbènes, de sols argilo-calcaires et de molasses. Légèrement en relief, la commune est soumise aux gonflements-retraits des argiles. Ces argiles se gorgent d’eau et gonflent en hiver, puis se rétractent en été lors des épisodes de sécheresse et de canicule intense.
Lorsque des pluies torrentielles tombent sur un sol desséché par la chaleur, l’eau ne pénètre pas toujours correctement. Elle ruisselle rapidement, emportant avec elle la terre de surface nécessaire à la production agricole.
Le changement climatique accentue l’alternance entre des hivers très humides et des étés secs et chauds. Les cycles de gonflement-retrait deviennent plus violents, les températures moyennes augmentent et les cycles de pluie se modifient. Protéger l’eau et les sols est donc essentiel pour pérenniser durablement l’activité agricole du territoire.
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Dès leur installation, François-Xavier et Lauriane ont fait le choix d’une agriculture biologique et d’une mécanisation minimale. En s’appuyant sur la permaculture et l’agroécologie, ils se passent totalement d’intrants chimiques.
Ils privilégient des méthodes naturelles comme le paillage des sols contre les mauvaises herbes, le désherbage manuel ou encore la pose de filets anti-insectes. Grâce à ces pratiques, la qualité de l’eau est préservée de toute pollution synthétique.
Pour Lauriane et François-Xavier, l’arrosage des cultures est une nécessité, mais il ne se fait pas n’importe comment. Pour préserver la ressource, ils ont choisi d’installer un système de goutte-à-goutte. Cette technique, très répandue en maraîchage, apporte l’eau au plus près des racines avec précision.
En couplant ce réseau à une sonde tensiométrique, qui mesure en continu la teneur en eau du sol, le duo pilote son irrigation au plus juste. Ils ajustent le débit en temps réel selon les besoins exacts des plantes, limitant ainsi le gaspillage.
Pour préserver chaque goutte, les tuyaux sont dissimulés sous des toiles de paillage. Ce bouclier limite l’évaporation et conserve l’humidité du sol, ce qui permet d’espacer les arrosages. Un atout précieux en période de sécheresse et de fortes chaleurs.
Ces toiles laissent respirer la terre et filtrer la pluie, tout en évitant que les gouttes ne forment une croûte de battance à la surface du sol. Le sol est ainsi préservé de la déshydratation et de l’érosion.
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Cours d’eau à sec, cultures assoiffées et brûlées… La sécheresse de 2022 a révélé la vulnérabilité des écosystèmes et des activités agricoles face aux pénuries d’eau.
Pour ne plus subir la peur de perdre leur récolte, François-Xavier et Lauriane, dont le système reposait jusqu’alors sur un simple puits, ont choisi de sécuriser leur ressource en eau sans impacter l’environnement.
Ils ont investi dans la création d’une petite retenue de 575 m³, dont une partie est financée par le département du Tarn. Alimentée par le ruissellement des eaux de pluie et les eaux de drainage des serres, cette retenue leur permet de continuer à arroser leur grand jardin, indépendamment des épisodes météorologiques estivaux qui peuvent impacter le remplissage du puits.
Ce projet s’inscrit dans une démarche globale d’adaptation de la ferme aux changements climatiques. Associée au système de goutte-à-goutte, cette retenue permet à ces maraîchers engagés de produire tout l’été en préservant la ressource, pour mieux garnir les étals des marchés locaux toute l’année.
Lorsqu’ils lancent leur projet en 2019, la ferme manque cruellement d’ombre. François-Xavier et Lauriane décident alors de développer l’agroforesterie pour planter l’avenir.
Avec la contribution de l’association Des enfants et des arbres, et l’aide des petites mains des écoles locales, ils implantent progressivement une grande diversité d’arbres, d’arbustes et de haies.
Au-delà de fournir de l’ombrage, l’arbre est un allié précieux pour l’eau, la biodiversité et le climat.
Les racines structurent le sol, limitent l’érosion et augmentent sa perméabilité, améliorant ainsi sa capacité à stocker et infiltrer l’eau.
Les haies servent aussi de refuge, de lieu de vie et de garde-manger aux butineurs, insectes et oiseaux. Elles créent de véritables corridors écologiques, facilitant les déplacements des espèces d’un habitat à un autre et soutenant leur cycle de vie.
Enfin, en grandissant, ces arbres agiront comme de véritables climatiseurs naturels, protégeant les cultures et les maraîchers du soleil de plomb.
Pour plus de super maraîchers que de supermarchés.
— François-Xavier
Pour Lauriane et François-Xavier, la vulnérabilité de leur métier face à la raréfaction de la ressource en eau n’est pas une question, mais bien une réalité.
En adoptant des pratiques biologiques et réfléchies sur le long terme, ce duo dynamique et engagé pour une agriculture respectueuse du vivant s’impose comme un véritable acteur du changement.
Passionnés par leur métier, ils nous rappellent que sans agriculteurs et sans eau, il n’y aurait plus de couleurs dans nos assiettes.