Quand les cultures boivent la tasse : les problèmes engendrés par un excès d’eau

Quand il pleut, le sol se gorge d’eau et les plantes en absorbent une partie afin de se développer. Lorsqu’il pleut trop, trop longtemps ou trop fort, les sols atteignent leur limite. N’arrivant plus à l’évacuer, ils se gorgent d’eau comme des éponges jamais essorées. L'excédent est ensuite évacué vers les cours d’eau par ruissellement ou vers les nappes souterraines par infiltration, ou stagne sur le sol. Plus le volume d’eau de pluie est important, plus il faudra de temps aux sols pour dégorger.

Impacts négatifs sur les activités agricoles

Une pluie intense perturbe à la fois les activités agricoles et les cultures. Report du travail aux champs, impossibilité de travailler les sols, les interventions des agriculteurs et agricultrices ainsi que des conseillers et conseillères agricoles sur le terrain dépendent grandement des conditions météo.

Le passage des machines et tracteurs sur les parcelles ne peut se faire sur un sol trop meuble au risque de le dégrader et d’abîmer les machines. L’apport d’engrais est réfléchi pour être fait en l’absence de pluie afin d’éviter qu’ils partent directement dans les cours d’eau sans aucun apport pour les cultures.

En outre, trop d’eau perturbe le développement des cultures. La stagnation de l’eau dans les sols bloque l’oxygénation de la plante par les racines qui sont complètement noyées. Or comme pour les humains, une plante qui ne respire pas meurt.

Une question de saisonnalité et de territoire

Les conséquences des précipitations sur l’agriculture varient en fonction des saisons et des types de sols. Certains sols ressuient (évacuent l’eau) plus vite que d’autres permettant de ne pas trop décaler le passage des engins agricoles sur les parcelles. A l’inverse, plus les sols prennent du temps pour ressuyer, plus les agriculteurs.trices doivent attendre avant de rentrer sur la parcelle. Les sols qui sont gorgés d’eau en hiver sont généralement plus utilisés pour des prairies (plus tolérantes à l’humidité) ou accueillent des cultures d’été (tournesol, soja, maïs...) semées après la période humide afin d’éviter ces problématiques.

Lorsque les températures commencent doucement à augmenter, les précipitations créent les conditions propices à la prolifération de champignons sur les cultures. Ceux-ci adorant l’humidité se propagent et ruinent le travail des agriculteurs.trices. Très connu en viticulture, le mildiou est un exemple de champignon qui impacte les cultures mais il en existe plein d’autres tel que l’ergot que vous connaissez certainement pour son impact sur le seigle (champignon qui a rendu fou les gens de Pont-Saint-Esprit en Occitanie dans les années 50).

Trop d’eau et d’humidité entraine également la germination des grains avant la récolte qui rend les cultures impropres à la consommation.

Enfin, les pluies violentes et l’excès d’eau favorisent l’érosion des sols surtout lorsqu’ils sont nus. La terre entrainée vers les cours d’eau appauvrit les parcelles agricoles et dégrade au passage la qualité des eaux qui deviennent boueuses.

Drainage de l’eau et stockage de l’eau de pluie pour l’été

Les conséquences des pluies intenses sur l’agriculture peuvent être atténuées :

  • Prévention contre l’érosion et favorisation de l’infiltration de l’eau dans le sol via les couverts végétaux, les haies, la diminution du travail du sol, favoriser la vie du sol …
  • Lutte contre le développement des champignons par la sélection de variétés résistantes ou l’application de fongicides. Ces fongicides peuvent être de synthèse ou d’origine naturelle comme la bouillie bordelaise faite à base de cuivre,
  • Amélioration de l’évacuation de l’eau grâce au drainage des sols dans certaines régions (tuyaux déposés dans les sols) ...

L’excès d’eau peut également être considéré comme une aubaine. Les périodes sèches étant de plus en plus fréquentes, le stockage de l’eau de pluie en hiver permet de les anticiper. C’est notamment le rôle des retenues collinaires. Le ruissellement naturel de l’eau remplit les retenues situées en bas des vallons. Les agriculteurs.trices s'en servent ensuite en période d’étiage.

Pour conclure

L’eau il en faut mais pas trop et au bon moment ! Les fortes précipitations, crues et inondations impactent directement l’agriculture. C’est pourquoi les agriculteurs.trices adaptent leurs pratiques agricoles afin de diminuer les effets néfastes des précipitations sur leur travail.  

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