Pourquoi les sols vivants et riches en matières organiques permettent un meilleur enracinement des cultures et une meilleure infiltration de l’eau ?

Lorsqu'il pleut, où va l'eau ? Dans un sol compacté, elle ruisselle en surface ou dans les premiers centimètres du sol (ruissellement hypodermique) et s’écoule directement dans les fossés et les rivières. Mais dans un sol « vivant », grouillant de vie biologique, elle s'infiltre et est stockée dans les différents horizons des sols, autrement dit les couches du sol, un peu comme les étages d’un mille-feuille. Cette capacité à retenir l'eau change tout : pour les cultures en période de sécheresse, pour la qualité des nappes phréatiques, et pour la résilience de notre agriculture face aux aléas climatiques.

Un sol vivant, riche en matière organique un sol poreux

Un sol vivant grouille d’organismes : vers de terre, champignons, bactéries, champignons, insectes. Tous travaillent pour améliorer sa structure et son réseau poral, c’est-à-dire tous les petits trous et passages dans le sol par lesquels l’eau et l’air peuvent circuler. Les vers creusent des galeries qui fonctionnent comme de petits tunnels, facilitant l’infiltration de l’eau plutôt que son ruissellement. Les champignons, grâce à leurs filaments fins, agissent comme un réseau de fibres qui stabilise les agrégats du sol. Cette vie du sol se nourrit de la matière organique, c’est-à-dire des restes de plantes, de racines, de feuilles et de micro-organismes en décomposition. C’est le “carburant” du sol : elle nourrit les organismes, améliore la structure et augmente la capacité du sol à retenir l’eau. On peut imaginer le sol vivant comme une brioche : aérée, souple, pleine de petites alvéoles. L’eau y pénètre facilement et y reste plus longtemps. Un sol pauvre en vie et en matière organique à l’inverse, ressemble plutôt à un biscuit sec : l’eau glisse, s’écoule, s’évapore.

Photo: CRAO - Aveyron

Couverts végétaux et prairies : des alliés précieux

Les couverts végétaux et les prairies assurent une double mission : protéger le sol et le nourrir. Leurs racines créent des fissures naturelles qui améliorent la circulation de l’eau. En surface, les plantes limitent l’évaporation, comme un parasol qui préserverait l’humidité en dessous. Ces végétations apportent aussi de la matière organique lorsqu’elles se décomposent. Les racines stockent 2.5 fois plus de carbone organique que la partie aérienne des plantes. Cette matière devient de l’humus, un véritable « réservoir d’énergie » et un gîte pour la biomasse microbienne du sol. Grâce à ces pratiques, les pluies deviennent une ressource mieux valorisée, même en période de sécheresse.

L'élevage au service des sols et de l'eau

Contrairement aux idées reçues, l’élevage est un atout pour la qualité des sols et de l’eau. Les animaux, notamment en pâturage, stimulent la repousse de l’herbe et enrichissent naturellement le sol grâce à leurs déjections, favorisant la biodiversité souterraine. Les prairies pâturées, permanentes ou temporaires, sont parmi les sols les plus efficaces pour capter et retenir l’eau, tout en limitant l’érosion.

Pour conclure…

Sols vivants, matières organiques, prairies et élevage : l’agroécologie propose des solutions simples et naturelles pour retenir davantage d’eau dans les sols et permettre un meilleur enracinement des cultures. Ces pratiques renforcent la résilience des exploitations, soutiennent la biodiversité et protègent la ressource en eau. Une preuve de plus que, pournotre agriculture et pour notre alimentation, l’eau, ça change tout.

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